Maurice Sachs
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Maurice Sachs

Maurice Sachs est né à Paris en 1906 et le moins que l’on puisse dire est bien que sa vie fut pleine de rebondissements et de retournements de situations. Abandonné par son père qui quitte le domicile conjugal six ans après sa naissance, puis par sa mère qui, elle, fuira en Angleterre pour échapper à la justice alors qu’il n’a que 17 ans, Maurice Sachs a eu une enfance ballotée de pensionnat en pensionnat, jusqu’à sa rencontre avec Jean Cocteau dont il devient le secrétaire particulier. Issu d’une famille juive non pratiquante et anticléricale, Sachs se convertit sous l'égide de Jacques Maritain au catholicisme jusqu’à entrer au séminaire, où son homosexualité affichée l’en fera chasser. Max Jacob le prend alors sous son aile, nous sommes en 1925, et lui ouvre les portes de l’écriture. Entre escroqueries et littérature, il finit toutefois par s’exiler aux États-Unis ou il animera une émission de radio sur la NBC et se mariera sur fond d’ambitions politiques avec Glawdys Matthews pour laquelle il doit se convertir au protestantisme. A son retour en France, trois plus tard, André Gide le recommande à Jean Paulhan qui lui offre un poste de directeur de collection chez Gallimard. Au milieu des années 1930, Sachs s’investi en politique et conçoit un tract pour le parti communiste. Les débuts de la guerre le font s’enfuir dans le sud de la France, mais, il revient à Paris en 1940 où il pratique pendant deux ans le marché noir. Fin 1942, ruiné, désespéré, Sachs, le juif homosexuel, s’engage dans la STO et part à Hambourg se vendre à la Gestapo. Envoyé dans un camp en 1943 pour ne pas avoir voulu dénoncer un prêtre jésuite résistant, ce franc-tireur, à la vie pleine de paradoxes, est abattu par un soldat allemand d’une balle dans la nuque en 1945 alors que les nazis tentent de fuir l’avancée des Alliées. D’abord laissé sur le bas-côté de la route, son corps est inhumé dans une fosse commune de Neumünster en Allemagne.